• Alexis BEN FREDJ

Anticipation et sortie de crise : sortir de l’instantanéité

Mis à jour : 20 avr. 2020



Le film CONTAGION du réalisateur Steven Soderbergh (primé aux Oscars en 2011, voir la bande annonce) raconte l’histoire d’un virus extrêmement contagieux : le virus MEV-1.


Ce film d’anticipation présente un virus qui se répand à une très grande vitesse dans tous les pays du monde puis décrit les réactions des populations, mais aussi celles des diverses organisations internationales, y compris celle de l’OMS et des gouvernements.


Le film est nettement inspiré par l’épidémie du SRAS (acronyme français de syndrome respiratoire aigu sévère) en 2003 ou encore par l’épidémie de la grippe H1N1 en 2009. Le scénario de ce film produit en 2011 présente une ressemblance frappante avec les événements actuels liés à la pandémie de COVID-19.


Comme si Hollywood ne suffisait pas, le livre « Le nouveau rapport de la CIA : comment sera le monde en 2025 ? » paru aux Éditions Robert Laffont en 2009 est un rapport dans lequel l’agence de renseignement américaine tente de prédire l’avenir et prévient de « l’apparition d’une nouvelle maladie respiratoire humaine virulente, extrêmement contagieuse ».

Le même texte prévoit dans quelle zone et dans quelles circonstances ce nouveau virus pourrait émerger : « Si une maladie pandémique se déclare, ce sera sans doute dans une zone à forte densité de population, de grande proximité entre humains et animaux, comme il en existe en Chine et dans le Sud-Est asiatique où les populations vivent au contact du bétail. »


Bill Gates, le fondateur de Microsoft évoque en 2015 dans une conférence TED intitulée « La prochaine épidémie ? Nous ne sommes pas prêts » les risques d’une pandémie et donne les clés pour l’éviter et la maîtriser en concluant que nous pouvons nous y préparer à condition d’investir en conséquence avec une coopération mondiale…


Plus encore, dans un article scientifique relatif aux caractéristiques du Sars-CoV-1 publié en 2007 dans la revue Clinical Microbiology Reviews, des chercheurs expriment les risques de réémergence du SARS (acronyme anglais de severe acute respiratory syndrome). Et lorsqu’ils répondent à la question « Devons-nous être prêt pour la réémergence du SARS ? », ils énoncent avec sagacité « la présence d'un grand réservoir de virus de type Sars-CoV chez les chauves-souris "en fer à cheval", ainsi que la culture de manger des mammifères exotiques dans le sud de la Chine, [qui] est une bombe à retardement. Il ne faut pas ignorer la possibilité de réapparition du SARS et d'autres nouveaux virus provenant d'animaux ou de laboratoires et, par conséquent, le besoin de préparation. »


Tous ces exemples prescients qui remontent à plus de 10 ans pour certains montrent que les connaissances sur les risques d’une pandémie et les actions à me