• Alexis BEN FREDJ

QUELS DISPOSITIFS POUR PROTÉGER CONCRÈTEMENT LES VICTIMES DE VIOLENCES CONJUGALES ?



Il y a une semaine, lundi 24 mai à Hayange (Moselle) une femme a été tuée par son conjoint. Aujourd'hui à Douai, une autre femme vient d'être battue à mort par son conjoint. Seulement une semaine sépare ces deux féminicides qui ont un point commun : les bourreaux étaient tous deux sous surveillance électronique classique. Certes, ils n'avaient jamais formellement été condamnés pour des faits de violences conjugales et exécutaient leurs peines à domicile mais l'un avait fait l'objet d'une plainte de la victime pour violences verbales et menaces de mort le 3 novembre 2020 qui n'a pas été portée à l’attention de l’autorité judiciaire malgré plusieurs interventions de la police au domicile conjugal depuis novembre tandis que l'autre avait été relaxé des violences conjugales pour lesquelles il était aussi poursuivi en 2018...

On dénombre 44 féminicides depuis le début de l'année et il est nécessaire de comprendre quels sont les dispositifs efficaces pour endiguer ce fléau ?


La ministre déléguée à l'Egalité entre les femmes et les hommes a récemment déclaré vouloir améliorer l’hébergement des femmes victimes de violences (alors que des associations d'aide aux victimes dénoncent des moyens bien insuffisants) en admettant que le gouvernement a bien compris qu'il fallait travailler sur une meilleure coordination des différents services de la Justice et de l'Intérieur (Elisabeth Moreno).


Depuis 1992, le 3919 Violence Femmes info est le numéro national de référence pour les écoutes et conseils téléphoniques destinés aux femmes victimes de violences. En 2017, 46 449 appels ont été traités au 3919. 76 % des appels étaient liés aux violences faites aux femmes.


Dès 2008, un rapport au nom de la mission d'évaluation de la politique de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes révèle que les violences conjugales (menaces, chantage, séquestration, rapports sexuels non consentis, coups et blessures, tentatives de meurtre) concerneraient une population de 2 millions de femmes en France.


En 2013, la Délégation aux victimes du ministère de l'Intérieur révèle qu'une femme meurt tous les 3 jours sous les coups de son compagnon. C'est notamment cette information qui a fait prendre conscience que les violences conjugales sont un problème de société que les pouvoirs publics doivent prendre en compte.


Le nombre de condamnations criminelles et délictuelles pour violences conjugales a augmenté de 84,3 % entre 2004 et 2012 et le taux de récidive a augmenté de 13,8 % en 2012. En matière pénale, en 2012, 117 condamnations pour crimes ont été prononcées. En 2015, 122 femmes, 22 hommes et 36 enfants sont décédés lors de violences survenues au sein du couple (ministère de l'Intérieur, Étude nationale sur les morts violentes au sein du couple en 2015).