• Alexis BEN FREDJ

RADICALISATION : Prévenir l’isolement et la pensée radicale en milieu professionnel

Mis à jour : 15 avr. 2020

Comme vous avez pu le constater dans les discours politico-médiatiques, les actions du gouvernement mais aussi et malheureusement dans les pratiques et les attentats ces derniers mois, le concept de radicalisation revient souvent s’il n’est pas omniprésent et cela dans toutes ses formes et ses déclinaisons. Mais que veut-il dire exactement ? De quelles sources puise-t-il ses ressorts ? Sous quelles forment se présente-t-il ? Et bien sûr comment s’en prémunir dans notre société et au travail ?



Les prémisses pour le développement d’un comportement extrémiste, bien que fortement individuelles, pourraient tout de même être résumées ainsi : un statut socio-économique précaire, la déviance, une crise d’identité. Ainsi peut naître ce que F. Khosrokhavar (2018) appelle « une nouvelle religiosité » redonnant un « sens » à la vie d’une personne radicalisée. Une articulation de facteurs y mène : pour le sociologue c’est à la fois une « islamisation de la radicalité » (lorsqu’une haine de la société est « sacralisée au nom d’un islam imaginaire ») et une « radicalisation de l’islam » (une lecture orientée de ses postulats).


A partir de ce constat, plusieurs facteurs de vulnérabilités rentrent en jeux dans le processus de radicalisation. La première phase de ce processus, et non basculement (pour en savoir plus : voir e-learning Laïcité, prévention et repérage de la radicalisation), est généralement celle où le mécontentement social et les doutes par rapport à la situation géopolitique actuelle commencent à hanter la personne. La deuxième phase peut se traduire par le rapprochement et l’échange plus ou moins soutenus avec des groupes radicaux qui vont avoir une forte influence sur la personne et participer entre autres à une distanciation avec ses proches (cercle familial et/ou amical). Enfin, la troisième phase qui peut s’inscrire dans une forme plus ou moins marquée de rupture sociale et de l’accroissement des discours de propagande djihadiste et extrémiste en ligne, au sein du cercle de connaissance etc. est susceptible de conduire la personne à la radicalisation violente à travers l’extériorisation de ses affects et idéaux dans un passage à l’acte « libérateur »…


Il faut bien comprendre que d’une part le phénomène de radicalisation s’inscrit dans un processus à temporalité variable avec plusieurs séquences (voir e-learning dédié) et que d’autre part chaque facteur de vulnérabilité peut réciproquement avoir un facteur de protection.

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