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Sécurité et sûreté : comprendre la différence pour mieux les piloter ensemble

  • 2 janv. 2025
  • 5 min de lecture

Introduction : une confusion qui coûte cher

Dans la majorité des organisations que nous rencontrons, la confusion entre sécurité et sûreté ne se limite pas à un problème sémantique. Elle produit des conséquences très concrètes : des budgets mal alloués, des incidents mal qualifiés, des responsabilités floues et des angles morts dans la protection globale.

En 2023, lorsque nous avons publié notre premier article sur ce sujet, l'enjeu était avant tout pédagogique : expliquer la distinction fondamentale entre deux notions souvent confondues. Depuis, le contexte a évolué. Les nouvelles réglementations européennes — NIS2, directive REC, DORA — imposent aux organisations une réflexion plus systémique sur leurs risques. Les menaces, elles, sont devenues hybrides : une cyberattaque peut faciliter une intrusion physique, un incident de sécurité peut masquer un acte malveillant. Expliquer la différence entre sécurité et sûreté reste utile, mais insuffisant. Ce qui compte aujourd'hui, c'est de construire des ponts entre les deux.


Sécurité et sûreté : retour aux fondamentaux

La distinction tient à un seul mot : intentionnalité.

La sécurité (en anglais safety) regroupe l'ensemble des mesures visant à prévenir les événements accidentels — ceux qui ne résultent pas d'une volonté de nuire, mais d'une défaillance technique, d'une erreur humaine ou d'un aléa naturel. Un incendie dû à un court-circuit, une chute sur un sol glissant, une explosion industrielle liée à une surpression non détectée : ce sont des risques de sécurité. Ils se préviennent par l'analyse de risque, la normalisation, la maintenance et la formation.

La sûreté (en anglais security) concerne quant à elle les événements intentionnels — ceux qui résultent d'une volonté délibérée de nuire, de voler, de saboter ou d'intimider. Un cambriolage, une agression, un acte de sabotage, une intrusion malveillante : ce sont des risques de sûreté. Ils se préviennent par l'analyse des menaces, la dissuasion, le contrôle des accès et la détection.

Dans le langage courant, le terme "sécurité" est souvent utilisé pour désigner les deux — ce qui contribue à l'amalgame. En pratique, les deux domaines obéissent à des logiques différentes, mobilisent des compétences distinctes et nécessitent des approches spécifiques.


Pourquoi cette distinction ne suffit plus

Pendant longtemps, la réponse organisationnelle à cette distinction a été simple : créer deux silos. D'un côté, un responsable sécurité chargé de la prévention des accidents, de la conformité réglementaire, de la santé au travail. De l'autre, un responsable sûreté chargé de la protection contre la malveillance, du contrôle des accès, de la gestion des agents de sécurité privée. Et souvent, entre les deux, un responsable de la sécurité des systèmes d'information gérant la cybersécurité dans son coin.

Ce modèle fragmenté génère des angles morts structurels.

Prenons un exemple concret : une entreprise subit une panne prolongée de son système de contrôle d'accès. Qui gère la situation ? Le responsable sécurité, parce qu'il y a un risque pour les personnes ? Le responsable sûreté, parce que les accès ne sont plus contrôlés ? Le RSSI, parce que c'est peut-être d'origine cyber ? Dans un modèle en silos, chacun attend que l'autre prenne la main — et c'est souvent la faille que les malveillants exploitent.

Les nouvelles réglementations ont compris cela. La directive NIS2, transposée en droit français, exige des entités concernées une gestion des risques qui intègre explicitement les dimensions physiques et organisationnelles, pas seulement les dimensions cyber. La directive REC (Résilience des Entités Critiques) impose aux opérateurs d'infrastructures critiques une approche globale des risques qui dépasse le seul prisme de la cybersécurité. DORA, pour le secteur financier, impose des tests de résilience qui couvrent les menaces physiques comme numériques.

La conformité réglementaire devient donc un levier puissant pour sortir du modèle en silos — et pour légitimer une gouvernance convergente de la sécurité et de la sûreté.


Le rôle du directeur de sûreté dans ce nouveau contexte

Le directeur de sûreté — qu'on l'appelle aussi responsable sécurité-sûreté, Chief Security Officer (CSO) ou directeur protection — joue un rôle pivot dans cette évolution. Ses fonctions traditionnelles restent d'actualité : définir la politique de protection, évaluer les risques, superviser les dispositifs techniques, former les équipes, gérer les crises. Mais son périmètre s'élargit.

Dans une organisation convergente, le directeur de sûreté devient le coordinateur transversal des risques physiques. Il ne remplace pas le RSSI ou le responsable HSE — il travaille avec eux, identifie les zones d'interface, anticipe les interactions entre les différentes catégories de risques. Il s'assure que la protection de l'organisation est cohérente de bout en bout, sans trou dans la raquette.

C'est notamment ce que nos méthodologies propriétaires — les Red Traffic Analyses (RTA) et le Security Circle Model (SCM) — permettent d'opérationnaliser. La RTA cartographie les vulnérabilités en distinguant ce qui relève de l'accident et ce qui relève de la malveillance, tout en identifiant les zones grises où les deux se croisent. Le SCM structure la protection en cercles concentriques intégrés, permettant à chaque acteur de comprendre son rôle dans le dispositif global.


Le directeur de sûreté externalisé : une réponse qui s'adapte

Toutes les organisations ne peuvent pas — ni ne doivent — recruter un directeur de sûreté à temps plein. Pour beaucoup d'entreprises, notamment les PME et les ETI, les établissements de santé, les structures culturelles ou associatives, la question n'est pas "quel profil recruter ?" mais "comment accéder à cette expertise de façon adaptée à notre réalité ?"

C'est dans ce contexte que le directeur de sûreté externalisé prend tout son sens. Et les raisons de faire ce choix ont évolué.

L'accès à une expertise convergente. Un prestataire spécialisé n'apporte pas seulement une expertise en sûreté au sens traditionnel du terme. Il apporte une vision intégrée, nourrie par des missions menées dans des secteurs variés, qui permet d'identifier les risques croisés, d'anticiper les interactions entre sécurité et sûreté, et d'aligner la politique de protection sur les nouvelles exigences réglementaires.

La flexibilité face à des besoins variables. Les besoins en sûreté ne sont pas constants. Ils augmentent lors d'une réorganisation, d'un déménagement, d'une période d'exposition médiatique ou d'un projet de développement. L'externalisation permet d'ajuster le niveau d'intervention sans les rigidités du salariat.

L'indépendance comme gage d'objectivité. Un regard extérieur, non impliqué dans les enjeux politiques internes, produit des diagnostics plus fiables. Le directeur de sûreté externalisé dit ce qu'il observe — y compris ce que les équipes internes n'osent pas toujours formuler.

L'audit avant la formation. C'est un principe fondamental chez CARINEL : on n'organise pas de formation sans avoir préalablement réalisé un diagnostic. Cette séquence — comprendre d'abord, former ensuite — garantit que les efforts de sensibilisation correspondent aux vulnérabilités réelles de l'organisation, et non à des standards génériques.

La maîtrise des coûts. Face à la multiplication des obligations réglementaires, les directions générales cherchent à optimiser leurs investissements sécurité. L'externalisation permet de mutualiser les coûts d'expertise tout en bénéficiant d'un niveau de compétence élevé — sans les charges fixes liées à un recrutement interne.


Conclusion : de la distinction à l'action

Comprendre la différence entre sécurité et sûreté reste une première étape indispensable. Mais la vraie question pour les organisations en 2026 est la suivante : comment piloter ces deux dimensions de façon cohérente, sans silos, et en intégrant les nouvelles exigences réglementaires ?

C'est précisément le mandat que nous poursuivons chez CARINEL : accompagner les organisations vers une gouvernance convergente de leur protection physique — qu'elles aient besoin d'un audit ponctuel, d'une mission d'assistance à la direction de sûreté, ou d'un accompagnement structurel dans la durée.

La complexité des menaces d'aujourd'hui exige une réponse organisée, coordonnée et ancrée dans la réalité de chaque structure.

Vous souhaitez évaluer votre niveau de protection ?

Nos experts CARINEL vous proposent un premier échange gratuit pour identifier vos priorités en matière de sécurité et de sûreté.

📞 01 89 71 59 06


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