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CAUSES ET IMPACTS DE LA VIOLENCE EN MILIEU DE SANTÉ

  • 16 janv. 2025
  • 7 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 6 jours


Stop à la violence en milieu de santé

Introduction : une violence qui ne recule pas

La violence à l'hôpital n'est pas un phénomène nouveau. Elle n'est pas non plus en voie de régression. Le rapport 2025 de l'Observatoire national des violences en santé (ONVS), publié en septembre 2025 et portant sur les années 2023 et 2024, le confirme avec des chiffres qui ne laissent aucune place à l'optimisme complaisant.

En 2024, la plateforme de l'ONVS a enregistré 20 961 signalements d'atteintes aux personnes et aux biens, contre 19 640 en 2023, soit une hausse de 6,7 %. Vie-publique L'ONVS explique cette augmentation par deux facteurs combinés : une meilleure appropriation de la plateforme par les professionnels et les établissements, mais aussi une augmentation réelle des actes de violence, phénomène qui semble s'être accentué depuis la fin de la crise sanitaire liée au Covid-19. MACSF

Il faut souligner que ces chiffres ne représentent qu'une fraction de la réalité. Les signalements sont volontaires. Le sous-signalement est massif — estimé très largement supérieur aux chiffres officiels — notamment dans le secteur libéral et dans les structures médico-sociales. En 2023 comme en 2024, le nombre de signalements ne donnant lieu à aucune démarche complémentaire reste très élevé, autour de 90 %, confirmant un déficit d'accompagnement des victimes qui contribue à nourrir un sentiment d'incompréhension et d'abandon. Rencontressoignantesenpsychiatrie

Face à ce constat, le législateur a finalement agi. La loi du 9 juillet 2025 visant à renforcer la sécurité des professionnels de santé durcit les sanctions pénales pour les violences commises dans les lieux de soins, facilite le dépôt de plainte et permet à l'employeur ou à l'ordre professionnel de porter plainte au nom d'un soignant victime. C'est une évolution significative — mais elle ne dispensera pas les établissements de construire une politique de prévention solide. La sanction après coup ne remplace pas la protection en amont.

C'est sur cet enjeu de prévention que porte cet article.


Comprendre la violence : une définition préalable

L'Organisation Mondiale de la Santé définit la violence comme « la menace ou l'utilisation intentionnelle de la force physique ou du pouvoir contre soi-même, contre autrui ou contre un groupe ou une communauté qui entraîne ou risque fortement d'entraîner un traumatisme, un décès, des dommages psychologiques, un mal-développement ou des privations. » À travers cette définition, l'OMS fait de la violence un problème de santé publique à part entière.

En milieu de soin, cette violence revêt des formes multiples. Elle peut être psychologique, verbale ou physique. Elle peut émaner du patient, de ses proches, plus rarement du personnel lui-même. Elle peut être intentionnelle ou liée à une pathologie. Et elle peut toucher aussi bien les soignants que les patients, les agents de sécurité, les personnels administratifs ou les visiteurs.

Cette diversité des formes et des auteurs est précisément ce qui rend la violence hospitalière difficile à traiter avec des approches uniformes. Ce qui fonctionne pour désamorcer l'agitation d'un patient en crise psychiatrique ne fonctionne pas face à un accompagnant qui conteste une décision médicale, ni face à un règlement de comptes familial qui se poursuit dans l'enceinte de l'établissement.

La violence hors pathologies contre le personnel hospitalier est incompréhensible et inadmissible. Et pourtant, elle est présente, fréquente et préoccupante.

Les causes : trois registres qui interagissent

Les études menées sur les facteurs conduisant à la violence en milieu hospitalier permettent de regrouper les causes en trois grandes catégories, qui ne s'excluent pas mais se cumulent souvent.

Les relations soignants-soignés-accompagnants. La relation de soin est par nature asymétrique et chargée émotionnellement. Le patient et ses proches sont souvent dans un état de vulnérabilité, d'angoisse ou de frustration. Lorsque la communication est insuffisante, lorsque l'information ne circule pas, lorsque les attentes sont déçues — sur le diagnostic, le traitement, les délais — la tension monte. Parmi les facteurs déclencheurs les plus fréquents : la peur, l'anxiété, la frustration, la perte de contrôle, et les problèmes de transmission de l'information.

Le principal motif de violence recensé par l'ONVS reste le refus ou la contestation par le patient, le résident ou l'accompagnant, avec 5 776 cas signalés en 2024. Cette catégorie englobe notamment les refus de prescription médicamenteuse, de délivrance ou prolongation d'arrêts de travail, ainsi que la non-acceptation de diagnostics médicaux. Santé Mentale L'ONVS note également la récurrence de règlements de comptes et conflits familiaux qui se poursuivent dans l'enceinte hospitalière, et des atteintes au principe de laïcité — refus d'être examiné par un soignant du sexe opposé, port ostentatoire de signes religieux — comme facteurs de tensions.

La prise en charge, les conditions d'hospitalisation et l'organisation des soins. Les temps d'attente excessifs aux urgences, la surcharge des services, le manque de personnel disponible pour expliquer et rassurer, les ruptures dans la continuité des soins : l'organisation de l'établissement est une variable directe du risque de violence. Un patient qui attend plusieurs heures sans information dans un couloir de service d'urgences n'est pas dans les meilleures dispositions. La désorganisation produit de l'angoisse, et l'angoisse produit parfois de l'agressivité.

L'architecture, l'aménagement des services, l'accueil et la sécurité des lieux. La configuration physique d'un établissement n'est pas neutre. Des espaces d'accueil inadaptés, des zones d'attente fermées et surchargées, un contrôle des accès inexistant ou mal pensé, des couloirs sans issue qui piègent soignants et patients dans des situations de confrontation sans échappatoire : l'environnement architectural contribue à créer ou à amplifier les conditions de la violence. C'est un angle que les établissements sous-estiment souvent, et que nos audits de sûreté révèlent systématiquement.


Qui agresse qui : les données du rapport ONVS 2023-2024

Conformément aux tendances des années précédentes, les auteurs de violences sont essentiellement des patients ou des visiteurs et accompagnateurs, représentant 87 % des cas recensés en 2023 et 88 % en 2024. Dans 36 % des cas, les atteintes aux personnes commises par des patients sont en lien avec l'expression de troubles psychiques ou neuropsychiques. MACSF

Les victimes sont majoritairement les personnels soignants. Infirmiers et aides-soignants sont les deux catégories les plus exposées, en première ligne de la relation avec les patients et leurs proches, avec peu de protection structurelle dans leur quotidien opérationnel.

Les violences physiques de niveau 3 affichent la progression la plus marquée entre 2023 et 2024, avec une augmentation de 10 %, passant de 7 734 à 8 499 signalements en établissements de santé. Santé Mentale

La répartition par service est stable mais éclairante. En 2024, 30 % des signalements proviennent des services de psychiatrie, 13 % des établissements sociaux et médico-sociaux, et 11 % des services d'urgences. Vie-publique Ces trois types de services cumulent des facteurs de risque spécifiques : pour la psychiatrie, la nature même de la patientèle avec des troubles comportementaux souvent sévères ; pour les urgences, l'attente, l'anxiété et parfois l'alcoolisation ; pour les EHPAD et établissements médico-sociaux, les troubles neurocognitifs des résidents et la fatigue chronique des équipes.

La violence prend des formes très concrètes. Le rapport de l'ONVS les documente avec précision, distinguant violences verbales, menaces, violences physiques sans arme et violences avec arme — qu'il s'agisse d'armes par nature (couteau, arme à feu) ou par destination : tout objet présent dans un établissement de soin peut potentiellement devenir une arme lorsque la situation dégénère. Cette réalité n'est pas une vue de l'esprit — les témoignages de terrain le confirment.

Un exemple issu des signalements : « Au sein du centre d'accueil urgences psychiatriques, un patient attend que l'infirmière se trouve le dos tourné, se jette violemment sur elle, la traîne par terre en la tirant par les cheveux et lui assène des coups de pied et de poing. Il est ensuite maîtrisé par le service de sécurité ainsi que le personnel arrivé en renfort. L'infirmière déclarera plus tard avoir vu dans les yeux de l'auteur l'envie de la tuer. »

Un autre, dans un service d'urgences : « Un patient m'a menacé de me poignarder en mimant le geste plusieurs fois. Puis il a brandi un couteau pour me menacer réellement en présence de la cadre de nuit. L'agent de sécurité du SAU a appelé le PC sécurité en renfort. Ils l'ont désarmé et ont fait sortir le patient. »

Ces situations ne sont pas exceptionnelles. Elles structurent le quotidien de nombreux professionnels de santé qui les vivent sans toujours les signaler, souvent par résignation, par peur des suites judiciaires, ou par manque d'un système de remontée accessible.


Les impacts : ce que la violence coûte vraiment

Les conséquences de la violence en milieu de soin s'exercent sur plusieurs plans simultanément.

Pour les professionnels victimes, les impacts sont physiques et psychologiques. Les arrêts de travail liés aux agressions génèrent des tensions dans des équipes déjà en sous-effectif. Le sentiment d'insécurité s'installe, l'exposition répétée à la violence crée des syndromes de stress post-traumatique, et la banalisation progressive du phénomène — "c'est le métier" — constitue un mécanisme de déni collectif particulièrement délétère pour la santé des équipes à long terme.

Pour les patients, les conséquences sont plus indirectes mais tout aussi réelles. La désorganisation d'un service suite à un incident grave perturbe la prise en charge. Les soignants traumatisés ou en arrêt sont des soignants absents. Et l'atmosphère de tension dans un service n'est pas propice à la qualité des soins ni à la confiance que le patient doit pouvoir placer dans ses soignants.

Pour l'établissement, le coût est financier, réputationnel et humain. Les jours d'arrêt de travail, les procédures disciplinaires ou judiciaires, le roulement accéléré du personnel, la difficulté à recruter dans des services réputés violents : autant de conséquences qui s'accumulent sur la durée et fragilisent durablement le fonctionnement de l'établissement.


Ce que cela implique pour la prévention

Comprendre les causes de la violence hospitalière, c'est aussi comprendre que les réponses ne peuvent pas être uniformes. Une formation générique "gestion des situations difficiles" délivrée au même programme dans un EHPAD, un service de psychiatrie et un service de maternité ne correspond à la réalité d'aucun de ces trois contextes.

C'est pourquoi chez CARINEL, nous intervenons toujours en commençant par un audit de terrain. Avant de proposer des formations, des procédures ou des dispositifs techniques, nous menons des études empiriques dans les services concernés : observation, entretiens avec les responsables de sécurité-sûreté, les membres du CSE et les responsables de service, analyse des signalements existants, cartographie des zones à risque. Ce diagnostic permet d'identifier aussi bien les facteurs de vulnérabilité que les facteurs de protection propres à l'établissement.

C'est sur cette base — et seulement sur cette base — que nous construisons un plan de prévention adapté aux problématiques réelles, avec des objectifs mesurables et des mesures de protection qui placent la sécurité au travail comme prioritaire.

La loi du 9 juillet 2025 crée de nouvelles obligations et de nouveaux leviers pour les établissements. Elle durcit les sanctions, facilite les plaintes, renforce la protection fonctionnelle des personnels. Mais elle ne construit pas la prévention à la place des établissements. Cette responsabilité reste entière — et elle commence par un diagnostic honnête de la situation réelle.

Dans la deuxième partie de cet article, nous aborderons le rôle spécifique de la formation dans la prévention de la violence en milieu de santé, et les caractéristiques d'une formation qui change vraiment les comportements.

Votre établissement est-il correctement protégé face aux risques de violence ?

Nos experts CARINEL interviennent dans les établissements de santé, médico-sociaux et psychiatriques pour réaliser des audits de sûreté et des études de terrain sur les violences, et construire des plans de prévention adaptés à votre réalité.

📞 01 89 71 59 06

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Pierre Jordane
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Pierre Jordane
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Pierre Jordane
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